WENESDAY / THURSDAY
En quelques mots, Nico avait réussi à "retouner" Roxanne. Elle ne savait plus quoi penser et avait la tête qui tournait. Elle ne répondit pas. Dès qu'ils arrivèrent au restaurant, Elle prit congé aux toilettes, Milly fit de même dès qu'elle l'aperçut. La jeune femme vomit tripes et boyaux dans la cuvette. Milly attendait patiemment, fermant les yeux à chaque fois qu'elle entendait son amie tousser ou vomir.
- Qu'est ce qu'il s'est passé dans la voiture? Demanda Milly
- Rien.
Roxanne vomit à nouveau, elle sortit de la cabine plus blanche qu'un revenant, manqua de tomber, elle allait vraiment mal. Elle se passa un peu d'eau sur le visage, *comment ils peuvent tous s'éprendre de toi, tu t'es regardée...*. Cette petite voix intérieur souffrait aussi. Plus qu'elle ne le pensait. Plus qu'elle n'en lassait paraître et c'était déjà quelque chose.
- Je crois que je vais rentrer, finit elle par décréter les larmes aux yeux, seule, j'ai besoin de réfléchir.
Milly ne rajouta rien, elle avait immédiatement remarqué le malaise de son amie. Elle lui trouvera une excuse auprès des garçons, ce ne serait pas très dur de leur dire qu'elle ne se sentait pas bien et qu'elle avait préféré rentrer se reposer, et ce n'était que la réalité, et elle irait la voir demain matin, quand elle se serait reposé un peu.
Deux heures plus tard, parmis lesquelles Roxanne avait continué à vomir, Nico rentra doucement dans la chambre plongée dans la pénombre. Son amie était assise sur le rebord et regardait par la fenêtre. Elle allait vraiment mal et Nico s'en voulait. Il culpabilisait et pensait être responsable de tout ce mal. Il s'approcha de Roxanne et la prit tendrement dans ses bras. Elle se sentait bien, et doutait pus que jamais, de ses sentiments.
- Excuses moi, je ne voulais pas, je ne pensais pas que je te blesserais, dit-il confu, ce qui la fit éclater en sanglots, il la serra plus fort encore.
- Mes parents... Ils ont eu un accident...Ils sont morts... bredouilla-t-elle.
Nico ne put s'empêcher de penser que tout cela faisait vraiment beaucoup d'un seul coup et cru à un moment de paranoïa. Plus tard, il s'en voudrait d'avoir penser une telle chose. Il la serrait fort, aussi fort qu'il le pouvait. Il glissa sa main sous ses jambes et la souleva sans le moindre effort. Ils s'installèrent dans le canapé en satin, dos au lit, où il lui carressait les cheveux.
Il l'aime mais ne sait plus comment.
A six heures du matin, Roxanne regarda Nico avec insistance, puis laissa glisser son regard dans la pièce, elle avait cessé de pleurer et éclairçit sa voix.
- Cinq, c'est le nombre de jours que je n'ai pas dormi, alcool, somnifères, rien de marche; dès que je ferme les yeux je rentre dans des cauchemards plus horribles les uns que les autres. Hier, dans la voiture, le stress, le doute, le manque de sommeil, le travail et aussi le reste se sont étalés devant moi, j'étais toute petite dans ce monde immense, je suis si décalée avec la réalité...; je suis rentrée et j'ai reçu un appel de Paris, mes parents venait de mourir, un chauffard s'était endormi au volant et son chargement avait écraser leur moto, pourtant je leur ai toujours dit de ne pas roulé la nuit, c'est dangereux, je suis perdue, je doute et j'ai envie de vomir...
Elle se leva douloureusement, sa jambe la faisait souffrir, elle vomit un peu de sang mais n'y prêta aucune attention. Elle se regarda dans la glace. Elle avait une mine détestable, le teint pâle presque bleu, des cernes, les yeux bouffis et embués, elle tremblait de tout ses membres, elle n'avait rien mangé depuis hier matin et tirait sur le maigre. Rappelles toi de cette phrase... Quand tu te regardes dans un mirroir et que tu as envie de le casser, ce n'est pas le mirroir qu'il faut briser, mais toi qu'il faut changer... Elle sortit de la salle de bain, enfila rapidement un jeans et un vieux T-shirt à l'éffigie d'un groupe qu'elle appréciait, attacha ses cheveux en chignon à la va-vite, mis son atèle et pris sa béquille. Heureusement qu'elle emportait toujours son attirail avec elle même si d'ordinaire elle ne l'utilisait pas. Nico se leva d'un bond.
- Où tu vas?
- Conduire, me saouler, me faire un rail, me suicider, rentrer à la maison, je sais pas encore, dit elle en s'emparant d'une petite bouteille d'eau et en sortant de la chambre.