ESPAGNE2007



WENESDAY / THURSDAY

En quelques mots, Nico avait réussi à "retouner" Roxanne. Elle ne savait plus quoi penser et avait la tête qui tournait. Elle ne répondit pas. Dès qu'ils arrivèrent au restaurant, Elle prit congé aux toilettes, Milly fit de même dès qu'elle l'aperçut. La jeune femme vomit tripes et boyaux dans la cuvette. Milly attendait patiemment, fermant les yeux à chaque fois qu'elle entendait son amie tousser ou vomir.


- Qu'est ce qu'il s'est passé dans la voiture? Demanda Milly
- Rien.

Roxanne vomit à nouveau, elle sortit de la cabine plus blanche qu'un revenant, manqua de tomber, elle allait vraiment mal. Elle se passa un peu d'eau sur le visage, *comment ils peuvent tous s'éprendre de toi, tu t'es regardée...*. Cette petite voix intérieur souffrait aussi. Plus qu'elle ne le pensait. Plus qu'elle n'en lassait paraître et c'était déjà quelque chose.


- Je crois que je vais rentrer, finit elle par décréter les larmes aux yeux, seule, j'ai besoin de réfléchir.

Milly ne rajouta rien, elle avait immédiatement remarqué le malaise de son amie. Elle lui trouvera une excuse auprès des garçons, ce ne serait pas très dur de leur dire qu'elle ne se sentait pas bien et qu'elle avait préféré rentrer se reposer, et ce n'était que la réalité, et elle irait la voir demain matin, quand elle se serait reposé un peu.
Deux heures plus tard, parmis lesquelles Roxanne avait continué à vomir, Nico rentra doucement dans la chambre plongée dans la pénombre. Son amie était assise sur le rebord et regardait par la fenêtre. Elle allait vraiment mal et Nico s'en voulait. Il culpabilisait et pensait être responsable de tout ce mal. Il s'approcha de Roxanne et la prit tendrement dans ses bras. Elle se sentait bien, et doutait pus que jamais, de ses sentiments.


- Excuses moi, je ne voulais pas, je ne pensais pas que je te blesserais, dit-il confu, ce qui la fit éclater en sanglots, il la serra plus fort encore.
- Mes parents... Ils ont eu un accident...Ils sont morts... bredouilla-t-elle.

Nico ne put s'empêcher de penser que tout cela faisait vraiment beaucoup d'un seul coup et cru à un moment de paranoïa. Plus tard, il s'en voudrait d'avoir penser une telle chose. Il la serrait fort, aussi fort qu'il le pouvait. Il glissa sa main sous ses jambes et la souleva sans le moindre effort. Ils s'installèrent dans le canapé en satin, dos au lit, où il lui carressait les cheveux.


Il l'aime mais ne sait plus comment.

A six heures du matin, Roxanne regarda Nico avec insistance, puis laissa glisser son regard dans la pièce, elle avait cessé de pleurer et éclairçit sa voix.


- Cinq, c'est le nombre de jours que je n'ai pas dormi, alcool, somnifères, rien de marche; dès que je ferme les yeux je rentre dans des cauchemards plus horribles les uns que les autres. Hier, dans la voiture, le stress, le doute, le manque de sommeil, le travail et aussi le reste se sont étalés devant moi, j'étais toute petite dans ce monde immense, je suis si décalée avec la réalité...; je suis rentrée et j'ai reçu un appel de Paris, mes parents venait de mourir, un chauffard s'était endormi au volant et son chargement avait écraser leur moto, pourtant je leur ai toujours dit de ne pas roulé la nuit, c'est dangereux, je suis perdue, je doute et j'ai envie de vomir...

Elle se leva douloureusement, sa jambe la faisait souffrir, elle vomit un peu de sang mais n'y prêta aucune attention. Elle se regarda dans la glace. Elle avait une mine détestable, le teint pâle presque bleu, des cernes, les yeux bouffis et embués, elle tremblait de tout ses membres, elle n'avait rien mangé depuis hier matin et tirait sur le maigre. Rappelles toi de cette phrase... Quand tu te regardes dans un mirroir et que tu as envie de le casser, ce n'est pas le mirroir qu'il faut briser, mais toi qu'il faut changer... Elle sortit de la salle de bain, enfila rapidement un jeans et un vieux T-shirt à l'éffigie d'un groupe qu'elle appréciait, attacha ses cheveux en chignon à la va-vite, mis son atèle et pris sa béquille. Heureusement qu'elle emportait toujours son attirail avec elle même si d'ordinaire elle ne l'utilisait pas. Nico se leva d'un bond.


- Où tu vas?
- Conduire, me saouler, me faire un rail, me suicider, rentrer à la maison, je sais pas encore, dit elle en s'emparant d'une petite bouteille d'eau et en sortant de la chambre.

# Posté le mercredi 18 juillet 2007 12:51

Modifié le mardi 12 mai 2009 13:00

ESPAGNE 2007



THURSDAY

Roxanne avait pris l'ascenseur et avait demandé à la reception, qu'on lui apporte sa voiture. Elle attendait sur le parvis de l'hotel.

Il était six heures et demi, Jenson descendait chercher son portable qu'il avait oublié la veille dans sa voiture, lorsqu'il aperçut Roxanne, il ne pût s'empêcher de la suivre, il savait que ça ne se faisait pas mais il s'inquiètait. L'état fébrille de la jeune femme était en effet inquiètant.

Nico savait qu'elle avait besoin de réfléchir et de se ressourcer, mais lui aussi était inquiet. Elle souffrait, son corps refletait sa détresse mentale. Il aurait souhaiter ne jamais la voir comme ça.

Roxanne avait des difficultés à conduire, sa boîte automatique lui facilitait vraiment la tâche. Quatre ans déjà qu'elle n'avait plus tenu un volant, depuis son accident. Elle avait beau ne pas conduire, ce n'est pas pour autant qu'elle n'avait pas de voiture, elle avait ce 4X4, un porshe Cayenne que son parrain s'était appliqué à choisir pour elle, aussi elle s'était achetée une vieille petite mini qu'elle n'avait jamais conduit, ni personne d'autre d'ailleurs. Quand elle prennait son 4X4, c'était Nico qui le conduisait. D'ailleurs c'était lui qui l'avait conduit jusqu'en Espagne. Elle roulait sans savoir trop où elle allait. Sa Porshe monta une colline avoisinante.

A une vingtaine de mètre, Jenson la suivait, mais son cabriolet avait, pour une raison qu'il ignorait, quelques maux à suivre. Il se gara, un peu en retrait, et finit à pied les quelques dizaines de mètres qui le mèneraient jusqu'à Roxanne.

La jeune femme coupa son moteur, sortit et admira la vue somptueuse, alors, elle se mit à crier, à hurler de toutes ses forces, ou du moins de celles qui lui restaient. Le vent venait taper sur ses joues ruisselantes de larmes. Elle s'assit par terre avec quelques difficultés à cause de son atèle, cela faisait longtemps qu'elle ne l'avait pas mise, cela faisait, aussi longtemps que sa jambe de l'avait plus fait souffrir, ou alors vaiment beaucoup moins. Elle voulait avoir de la paix, tout et rien à la fois... Jenson vint s'asseoir à ses côtés. Mais cela ne la surprit pas. Elle avait vu son cabriolet dans le rétroviseur frontal.


- Il vous ait déjà arrivé de perdre pied, que votre vie, votre monde s'éffrondre et que vous n'ayez aucunes idées d'un endroit où aller pour vous cacher, ni quoi faire pour vous en sortir et ressusiter de ce cauchemard?

Il ne dit rien pendant plusieurs minutes qui parut une certaine éternité.


- Quand j'ai décidé de divorcer, j'ai enchaîné filles, fêtes, boisson... Après ma victoire, à la soirée en l'honneur de celle ci, je vous ai aperçu pour la première fois, vous discutiez avec mon père, puis avec quelques uns de mes ingénieurs. Je vous ai trouvé tellement belle, si jolie, si intouchable, je n'ai plus posé ma main sur une fille depuis, je n'ai plus bu non plus. A chaque fois que je vous croisais dans les stands, je pensais à mon coeur qui battait comme un dingue. Et puis, vous avez été embauchée chez nous, je savais que je ne pourrais cacher mes semblants de sentiments à moins de vous ignorez. Je regrette, j'ai l'impression d'avoir perdu un temps fou. Mais mon coeur s'emballait comme s'il allait exploser ma poitrine lorsque je vous voyais, lorsque je vous imaginais pendant mes tours de pistes.

Nico se décida d'appeler la seule personne capable de réconforter véritablement Roxanne.


- oui?
-Jean... C'est Nico...
-Tu sais qu'il est sept heures de matin...
-Oui je sais, mais je voulais savoir quand tu arrivais?
-Pourquoi, il y a un problème?

Au son de la voix de Nico, Jean avait compris la source de ce problème. Sa filleule, elle était la seule et unique raison pour laquelle Nico prendrait la peine de l'appeler.


- Elle va si mal que ça?
- Oui.
- Je vais prendre l'avion de 9 heures, je devais prendre celui de 19 h mais qu'importe, je t'appelle dès que je suis à l'aéroport.

Jenson et Roxanne regardait le paysage, la jeune femme s'était calmée et profitait de la fraicheur du matin. Quelques gouttes de sueur émanant de ses tempes et de ses cheveux confirmaient l'idée que Roxanne avait de la fièvre.


- Merci, dit elle avec une pointe de soulagement.
-Pourquoi? s'étonna Jenson.

Elle ne repondit rien et essuya rapidement une larme qui coula sur sa joue. Jenson lui prit la main et lui sourit.


- J'attendrais, dit il.
- Moi aussi, continua-t-elle en posant sa tête sur l'épaule de l'homme et en serrant sa main contre elle.

# Posté le vendredi 27 juillet 2007 05:47

Modifié le mardi 12 mai 2009 13:11